Élections en Centrafrique : les attentes des jeunes

Les Centrafricains vont voter le 28 décembre et les jeunes qui voteront pour la première fois cette année ont des attentes aigües par rapport aux futurs dirigeants. On les appelle les "cherchés à manger". Ce sont des jeunes désœuvrés, étudiants ou ouvriers. Tous espèrent des futures autorités en Centrafrique une amélioration sensible de leur quotidien. Au Centre des métiers d'arts, Brunel tente de se former à la conception et à la fabrication de bijoux. Son souhait : que les prochains dirigeants investissent enfin dans des entreprises nationales de transformation. Pour lui, le fait le plus important "c'est d'abord d'avoir la stabilité pour permettre aux autorités de créer les conditions favorables pour que les fils et filles du pays puissent travailler". Il estime que ce serait bien par exemple de"mettre en place une entreprise nationale de bijouterie pour fabriquer bagues, bracelets, ou encore lancer un atelier de maroquinerie pour produire des ceintures et des chaussures". La succession de crises a durement frappé le système éducatif, poussant de nombreux jeunes à rêver d'un avenir à l'étranger. Pour Leslie Monika à l'université de Bangui, elle attend une réforme profonde du secteur, notamment une lutte ferme contre la corruption scolaire et universitaire, et souhaiterait que le ministère de l'Éducation "mette plus de rigueur dans l'organisation des études, qu'il lutte contre la corruption et qu'il valorise réellement la formation". D'après elle : "quand on prend un étudiant, on doit reconnaître la valeur de ses diplômes", ceci permettra d'éviter "d'envoyer nos jeunes à l'extérieur poursuivre ce qu'ils pourraient apprendre ici ". Beaucoup de jeunes Centrafricains sont aussi travailleurs manuels, souvent sous-payés, comme Icôme Ikar, constructeur métallique.Pour lui, la priorité reste la sécurité, indispensable selon lui pour relancer l'activité et attirer les investisseurs. "Si le pays est sécurisé, nous pourrons bien travailler et nourrir nos familles. Après les élections, nous voulons la paix pour avancer. Nous avons besoin d'investisseurs. Mais quand ils arrivent, il faudrait aussi une protection pour les nationaux. Souvent, ils préfèrent coopérer avec les étrangers. Les autorités doivent regarder cela pour que nous puissions aussi bénéficier des retombées" précise Icôme Ikar. Quant à l'économiste Abel Yanguel, les jeunes doivent rester des acteurs engagés et lucides dans le processus démocratique, afin d'éviter toute forme de manipulation politique. Il estime que "les jeunes doivent prendre conscience de leur avenir , faire une analyse et voir à qui et sur qui la jeunesse peut compter pour porter sa voix". Ces élections se préparent dans un contexte où le poids démographique des jeunes est considérable, mais où cette même jeunesse ne se sent pas souvent prise en compte par les décideurs politiques.

Analyse terrain par : Eve MALONGA l LNC

For: FatimaLAMINEHebdo

Date: November 28, 2025

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